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Antispéciste : Réconcilier l’humain, l’animal, la nature de Aymeric Caron (Auteur)
Paru le 7 avril 2016 – Essai (broché) – 480 pages
Âge conseillé : 15 ans et plus

Aymeric Caron : journaliste, écrivain, révolutionnaire,…

Aymeric Caron est journaliste radio/télé (TF1, France 2, Canal +, l’agence CAPA, Europe 1…) et écrivain. Il est l’auteur d’Envoyé Spécial (2003), No Steak (2013) et Incorrect (2014). Fervent défenseur des droits des animaux, il milite notamment pour des menus végétariens dans les cantines scolaires et appelle au boycott de la viande, des produits laitiers ou des zoos.
Il invite à une nouvelle réflexion sur la nature et les droits des animaux. Antispéciste est la profession de foi d’un homme qui s’insurge contre la hiérarchisation humaine du vivant ou plutôt des vivants.
Sans être pontifiant, accusateur, culpabilisateur ou même prosélyte, Aymeric Caron nous présente une philosophie exigeante qui demande à reconsidérer en profondeur tout ce que nous sommes. Avec le talent et la pugnacité qu’on lui connaît, il avance des arguments auxquels on ne peut rester insensible et nous met face à certaines vérités sur nos modes de vie actuels qui sont parfois désagréables à entendre mais nécessaires à comprendre.

L'antispécisme

L’antispécisme – mot inventé par le psychologue britannique Richard Ryder en 1970 – est la lutte contre le spécisme, c’est à dire la supériorité supposée d’une espèce (en l’occurrence humaine) sur une autre (animale).

Pour le journaliste, c’est aussi la nouvelle révolution – éthique, mais aussi économique, sociale et culturelle -, à mener.

 « L’antispécisme milite pour l’intégration de tous les êtres vivants sensibles dans une même famille de considération morale. Vu sous un autre angle, cela signifie que l’antispécisme revendique l’appartenance de l’espèce humaine à une communauté beaucoup plus large qu’elle-même, celle des animaux. » 

En résumé : Antispéciste

Le livre, Antispéciste explore la génétique, la cosmologie, l’éthologie, le droit et la philosophie pour expliquer pourquoi nous sommes tenus aujourd’hui d’accorder certains droits élémentaires aux animaux non humains sensibles. Mais cette extension de notre sphère de considération morale s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large. En invitant à repenser le vivant et la place de l’homme dans l’univers, Antispéciste décrypte les raisons de l’échec de l’écologie politique traditionnelle et propose un nouveau projet nommé l’écologie essentielle, qui doit aboutir à une réforme constitutionnelle pour prendre en compte la valeur intrinsèque de tous les êtres vivants.

Des questions inédites

  • Qui sont les animalosceptiques ?
  • Pourquoi l’antispécisme est-il un combat social ?
  • Pourquoi Superman est-il un super héros antispéciste ?
  • Pourquoi le vrai but de l’écologie est-il en réalité de faire sortir l’homme de la nature ?
  • Qu’est-ce que la réduction de l’empreinte négative ?
  • Pourquoi les éleveurs ont-ils intérêt à rejoindre les antispécistes ?

Antispéciste est un appel au soulèvement des consciences. Un appel à la révolte individuelle. Un appel à un nouvel humanisme.

Aymeric Caron a un point commun avec Superman

Il est antispéciste.

« Superman n’est pas un humain. Il est Kryptonien. Il est donc d’une autre espèce. Pourtant il éprouve une compassion infinie et désintéressée pour l’humanité, une espèce largement inférieure à la sienne, moins forte et moins intelligente. Du point de vue des simples capacités comparées, nous ne valons pas plus pour un Kryptonien qu’une souris pour les humains. En agissant ainsi, Superman, le plus populaire des héros du monde entier, se révèle antispéciste. Alors qu’il pourrait utiliser sa supériorité physique et intellectuelle pour asservir, dominer, exploiter et tuer chacun des habitants de cette planète, il opte pour l’attitude inverse. Il sauve ces êtes qui lui semblent si faibles. Il leur évite les souffrances et la mort parce qu’il considère que chaque représentant de l’espèce humaine a une valeur intrinsèque, un intérêt à vivre, qu’il est le « sujet d’une vie », pour reprendre l’expression du philosophe Tom Regan

… Superman est un héros éthique, qui nous enseigne l’empathie et le besoin de se soucier de l’autre… Il est, en fait, un héros écologiste. Savez-vous d’où il tire ses super-pouvoirs ? De l’énergie solaire, que sa constitution kryptonienne absorbe et restitue sous forme de force surhumaine et d’invulnérabilité. Oui, le soleil alimente Superman !
… Car nous sommes tous des Superman en puissance, c’est à dire que chaque humain a la possibilité de s’extirper de sa condition initiale pour devenir un héros… »

Des classifications créées par l'homme : esclavage, élevage, domestique,...

«L’humanité a toujours progressé en étendant sa sphère de considération morale à des groupes d’individus jusque-là considérés comme des humains de rang inférieur : les Noirs, les femmes, les homosexuels… La révolution aujourd’hui consiste à élargir encore notre cercle de compassion afin d’accorder aux animaux non humains notre considération morale»

En 1839, 53 esclaves de Sierra Leone se révoltent et prennent le contrôle de la Amistad, le bateau espagnol qui les amène dans les plantations cubaines. Le navire est arraisonné et les Africains emprisonnés dans le Connecticut pour y être jugés. Mais comment se défendre quand on ne connaît pas la langue de ses juges? « Ces infortunés ne pouvaient prononcer un mot pour eux-mêmes », note à l’époque l’abolitionniste Joshua Leavitt. D’anciens esclaves servirent finalement de traducteurs aux passagers de l’Amistad, qui gagnèrent leur procès et furent libérés. 

« Les animaux que nous élevons ne parlent pas notre langue et nous nous arrangeons pour ne pas entendre ce qu’ils expriment », compare Aymeric Caron. « S’ils pouvaient décrire leur envie de vivre avec notre vocabulaire d’humains, comment oserions-nous continuer à les maltraiter et à les assassiner de la sorte ? » conclut-il.

Choquante, la comparaison entre esclavage et élevage ? Aymeric Caron l’assume. Il écrit «Les antispécistes sont les traducteurs de l’Amistad».

Nous classifications tout et tout le monde : les animaux domestiques et les animaux d’élevages, les hommes et les femmes, les noirs et les blancs, les chefs d’entreprises et les ouvriers… et nous donnons plus de droits aux uns qu’aux autre sous de faux prétextes.
Pourquoi un chien est il un membre de la famille et un cochon a logiquement  sa place dans votre assiette ? (ou suivant votre origine l’inverse…)

Le terme de spéciste, peu connu en France, fera bientôt partie de notre vocabulaire. A l’instar du racisme et du sexisme, dont il poursuit la logique. Le spécisme consiste à traiter différemment, et sans la moindre raison valable, deux espèces qui présentent les mêmes caractéristiques. Tout comme nous avons longtemps dénié aux femmes les mêmes droits que les hommes.

En bref

Pour la science, la génétique, l’humain est un animal. Il n’y a entre les animaux non-humains et nous qu’une simple différence de degré, et non de nature. Aymeric Caron pointe ainsi le fait que les animaux non-humains possèdent des caractéristiques communes avec les humains, notamment une conscience et une capacité à ressentir les émotions comme le plaisir, la douleur, la tristesse.

Aymeric Caron met l’accent sur la désinformation faite sur l’exploitation animale et notamment sur les conditions dans les abattoirs.
Il donne l’exemple d’un documentaire TV sur une ferme d’élevage où vivent paisiblement des animaux, choyés et nommés par leur éleveur comme ses propres enfants.  Mais quel humain envoie ses enfants à l’abattoir ? La question ne se pose même pas dans le documentaire, car elle est sciemment occultée.

L’auteur aborde la philosophie morale en présentant une expérience de 1967 du philosophe Philippa Foot, le « dilemme du tramway » : serait-on prêt à sacrifier une personne pour en sauver cinq ? Par extension, est-on prêt à sacrifier plusieurs animaux pour sauver un homme ?
C’est aussi une introduction pour parler de l’éthique animale, et notamment des différents courants la composant : le welfarisme et l’abolitionnisme.
Les welfaristes cherchent à réduire la souffrance des animaux exploités, mais ne remettent pas en question leur exploitation.
Les abolitionnistes eux estiment qu’il n’existe pas d’ « élevage heureux » et revendiquent donc la fin de toute exploitation.
Aymeric Caron nous présente les quatre droits fondamentaux qui devraient aujourd’hui être accordés à tous les animaux sensibles :

  1. Le droit de vivre, donc de pas être tué ;
  2. Le droit de ne pas être emprisonné ;
  3. Le droit de ne pas être torturé ;
  4. Le droit de ne pas être une propriété.

Aymeric Caron se dresse contre les arguments de ceux qui disent qu’il faut d’abord penser à s’occuper des humains avant de penser à la cause animale.
Il affirme qu’être antispéciste c’est combattre toutes les discriminations aussi bien humaines que non-humaines. C’est lutter pour les opprimés, les plus faibles, les humiliés. L’antispéciste est contre le racisme, le sexisme et toute forme de discrimination envers les humains. L’antispéciste est plus qu’un humaniste, il est anumaniste.
Aymeric Caron rappelle avec génie comment l’humanité a su faire évoluer sa pensée au fil des siècles : l’esclave est devenu un homme libre, la femme est devenue l’égal de l’homme dans bien des domaines et l’évolution continue, l’homosexuel est devenu un humain considéré comme normal et non malade… Il met en avant le profit économique comme obstacle à ces avancés.

L’auteur met le doigt sur l’absurdité du modèle économique et politique dans lequel nous vivons : un monde capitaliste, consumériste qui n’a de cesse de creuser les inégalités que nous acceptons par manque de transparence. Il reprend ainsi le terme de « consentement à l’inégalité » de l’historien Pierre Rosanvallon.
Pourtant, pour Aymeric Caron, l’entraide est « plus bénéfique que la compétition » d’autant plus que l’argent ne vaccine pas du malheur. Il convient donc aux humains de se révolter, de refuser de suivre les ordres sans morale : faire de la désobéissance civile.

Aymeric Caron aborde l’aspect politique de l’antispécisme. Premièrement l’écologie telle qu’elle est défendue actuellement par nos partis écologistes est une écologie superficielle – ou une écologie environnementale – qui ne s’intéresse qu’à la pollution ou à l’épuisement des ressources. L’objectif est uniquement de limiter les dégâts. C’est le succès du développement durable : exploiter de manière « raisonnée » les ressources naturelles sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.
Pour Aymeric Caron, on ne peut pas se limiter à atténuer les effets néfastes. Il voit une écologie biocentrée c’est-à-dire ayant une réflexion morale sur tous les êtres vivants basée sur trois préceptes : « moins produire, moins se reproduire, mieux se conduire » et qui repense complètement la place de l’homme dans le monde. Pour que ce dernier ne vive plus en parasite, mais en symbiose avec toutes les formes de vivant. Pour cela, il convient donc de faire une révolution politique et démocratique.

Aymeric Caron pose le cadre d’une nouvelle vision de la démocratie étendue à l’ensemble des vivants : la République du Vivant.
Cette république doit notamment s’appuyer sur une assemblée parlementaire qui doit prendre en compte les intérêts de tous les vivants et des représentants pour les animaux non-humains.
Exit également le Président de la République. Évidemment, vu que les enjeux sont mondiaux, la biodémocratie ne peut se limiter à la France ou aux pays européens : elle doit dépasser les frontières, devenir mondiale. Le capitalisme, le socialisme, le communisme, le néo-libéralisme sont aujourd’hui discrédités, si ce n’est dépassés pour Aymeric Caron.

Conclusion

Toute révolution a ses penseurs et ses vulgarisateurs. Aymeric Caron fait partie de ses derniers. Il reprend pas à pas les questions fréquemment posées aux antispécistes et y répond via des exemples concrets.

Les animaux doivent-ils considérés comme des enfants ou des handicapés mentaux ? «D’un point de vue juridique oui.»

Que vont devenir les animaux d’élevage si on ne mange plus de viande ? «Disparaître. Il n’y a aucun fondement moral à faire naître un individu dans le simple but de s’en servir et de lui faire subir une vie atroce.»

L’ancien chroniqueur, haï ou adoré, de l’émission de Ruquier, On n’est pas couché se charge de populariser les noms d’André Gorz ou de René Dumont, l’utilitarisme de Peter Singer ou l’amour des mésanges de Louise Michel. Surtout, Aymeric Caron veut se faire le passeur des thèses de la deep ecology – l’écologie profonde si peu connue, si peu valorisée en France – du philosophe norvégien Arne Naess.

Loin de «l’écologie du renoncement» des Verts français, qui ne cherche qu’à limiter la pollution et à freiner l’épuisement des ressources, il faut bouleverser le système, «remplacer l’anthropocentrisme par le biocentrisme». Et d’abord donner des droits minimaux aux animaux. «Ne plus les manger, ne plus les enfermer, ne plus les torturer, ni en faire le commerce.»

En France, les thèses antispécistes séduisent, progressivement.
Les vidéos dévoilant l’intérieur des abattoirs scandalisent, les végans se font entendre et représentent un nouveau marché économique, l’évolution est en marche.

«Si je pense, je deviens végétarien.» Michel Onfray

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